Contre le patriarcat et le capitalisme 8M: arrêtons le monde une fois de plus

Feb 19, 2019 | Juntas y a la Izquierda

Le 8 mars est la troisième grève internationale des femmes. Les partis et les groupes intégrant Anticapitalistes en Réseau, dans l’unité avec le SEP de la Turquie, nous déployons une campagne internationale pour la grève et pour les manifs du 8M sur une perspective de classe, socialiste, révolutionnaire.

Si esta cuarta ola feminista mundial no se detiene y sigue adelante es justamente porque se profundiza la ofensiva anti-derechos. Este 8M nos va a encontrar en cada país saliendo a las calles, en unidad, luchando por derechos que ya conquistamos y nos quieren arrebatar o por derechos que aún nos faltan: contra la violencia machista y los femicidios, por aborto legal, educación sexual, anticoncepción, igualdad salarial, Estado laico. En fin, luchando contra este sistema capitalista y patriarcal, que es el padre de todas las violencias en todo el globo.

À peine avoir assumé comme président du Brésil, l’extrême-droitier Bolsonaro montre ses voies d’attaque misogyne et homophobe : il a retiré la communauté LGBT des programmes de droits de l’homme, il cherche d’éliminer le droit d’avortement même en cas de grossesse due au viol, il veut augmenter de deux ans l’âge de retraite des hommes et des femmes (niant ainsi notre travail domestique gratuit). Sans aucun doute, le mouvement massif EleNão et ses alliés ne céderont pas, sans se battre, face aux tels projets rétrogrades. L’offensive de Bolsonaro est très similaire à celle menée par d’autres gouvernements de droite sur tous les continents, tels que Trump contre le droit à l’avortement ou Poutine contre la communauté LGBTI, mais également contre ceux qui, au nom du progressisme ou même du socialisme, ont réprimé leurs peuples comme Ortega ou Maduro. Le Parlement européen lui-même a dû reconnaître, dans une résolution spéciale le 13F, qu’il « existe une offensive mondiale contre les droits des femmes. »

Cependant, pour troisième année consécutive, le 8 mars, journée internationale des femmes travailleuses, il y aura une importante action de lutte et de classe qui va secouer le monde entier : des grèves, des manifestations et toute sorte d’actions de combat vont converger durant la troisième grève internationale des femmes. L’année dernière, des actions ont été menées dans une soixantaine de pays, mais cette fois-ci, il devrait y en avoir dans plus de 80.

Si cette quatrième vague féministe mondiale ne s’arrête pas et continue en avant c’est précisément parce que l’offensive anti-droits s’approfondit. Ce 8M va nous trouver dans chaque pays descendant dans les rues, en unité, défendant les droits que nous avons déjà acquis et qu’ils veulent nous enlever, ou pour les droits qui encore nous manquent : contre la violence machiste et les féminicides, pour l’avortement légal, l’éducation sexuelle, la contraception, l’égalité de salaires, l’État laïque. En fin, luttant contre ce système capitaliste et patriarcal qui est le père de toutes les violences dans le monde entier.

Quelques exemples de lutte

  • L`Etat Espagnol c’est un territoire où la vague féministe piétine. Le 15 janvier il y eut des concentrations des femmes dans plusieurs villes par deux raisons :1) soutenir leurs sœurs en Andalousie face le nouveau gouvernement régional de droite de Vox-PP-Citoyens, et 2) accumuler de forces ver la grève du 8M. Bien que les principaux syndicats (CCOO, UGT, USO) appellent des grèves partielles, d’autres (CGT, CNT) appellent à la grève générale. Et pour la première fois, la fédération des enseignants de CCOO appelle aussi à la grève générale. C’est-à-dire, le mouvement se développe.
  • En Argentine, autre pilier de la vague, à l’initiative de la gauche anticapitaliste, les assemblées unitaires préparatoires du 8M exigent la grève générale aux centrales syndicales : la CGT et les CTA. Auparavant, dans plusieurs déclarations publiques, des dizaines d’organisations -y compris des secteurs réformistes- ont exprimé la radicalisation politique du mouvement : « le patriarcat et le capitalisme ne vont pas tomber, nous devons les jeter ». Bien que l’ancienne présidente Kirchner ait appelé à unir les foulards verts (pro-avortement) et les foulards bleu-clairs (anti-droits), par en bas l’activisme féministe, avec les jeunes comme avant garde, réaffirme sa lutte et en est aussi clairement anticlérical et inclusif des dissidences sexuelles.
  • Au Chili, la Coordination féministe 8M appelle à la grève générale avec un programme de revendications du travail, reproductives, de soin et des droits sexuels. Le prélude était le « mai-féministe » de 2018, avec des occupations d’universités dans tout le pays, qui imposaient l’éducation sexuelle à l’agenda public. En juillet, la « vague verte » a fait descendre des centaines de milliers de personnes dans les rues. Et l’année a culminée avec plus d’un millier de femmes participant au 1er Rencontre plurinational des femmes qui luttent. Cette articulation impulse les salariées du public-privé, malgré le frein des dirigeants syndicaux bureaucratiques.
  • En Irlande, l’un des pays les plus catholiques de l’Europe, les femmes et le peuple ont réussi en mai dernier, par un plébiscite, à éliminer la prohibition du droit d’avortement qui avait été imposé par l’Église dans la constitution nationale. L’approbation d’une telle élimination était écrasante : il a obtenu plus de 66% des voix. Et la mobilisation féministe a continuée, de sorte qu’en décembre les deux chambres du Congrès, malgré les pressions conservatrices, ont dû approuver la loi d’avortement.
  • Aux EE.UU., le berceau du #MeToo, les femmes mènent des grèves d’enseignants, des marches des afro-américaines et des latines contre le racisme et en faveur des immigrés, et aussi un tournant politique à gauche. Voilà pourquoi c’est là-bas qui surgit le manifeste Féminisme à 99%, de Nancy Fraser, Cinzia Arruzza et Tithi Batthacharya, qui dit : « Le féminisme no doit pas commencer ni s’arrêter s’il voit des femmes représentées en haut de la société. Il doit commencer par celles d’en bas et se battre pour le monde qu’elles méritent. Et cela signifie cibler contre le capitalisme. Le féminisme doit être anticapitaliste, éco-socialiste et antiraciste. »

Dans d’autres pays, avec leurs propres rythmes et intensités, le mouvement des femmes, la jeunesse et la communauté LGBTI résistent et font face à des attaques similaires qui font partie de l’offensive plus générale avec laquelle les classes capitalistes tentent de renverser leur crise.

De vieux-nouveaux débats

Sur le feu de la révolution féministe qui sillonne le monde, de nombreux débats politiques se réactivent. Des espaces féministes à caractère libérale et réformiste cherchent à diluer les revendications les plus avancées, le questionnement aux institutions de l’Etat bourgeois et, surtout, les contradictions de classe. Pour cette raison, vis-à-vis du 8M, par exemple, elles proposent « une grève et des manifs que de femmes », de ne pas critiquer l’opposition bourgeoise ou l’Eglise catholique et ses partenaires évangéliques.

Similaire est la position d’autres courantes, comme le féminisme autonomiste ou le féminisme radical qui recycle sa paire d’il y a un demi-siècle. Le premier est anti-partis, une conception anarchoïde qui devient fonctionnelle au pouvoir politique bourgeois. Le second est trans-excluant, presque biologiste. Et tous les deux situent les hommes comme ennemi principal et non le système socio-économique actuel : le capitalisme. En fait, comme les réformistes, elles partagent une approche policlassiste et de division des luttes.

Par contre, Ensembles et à gauche et nos partis dans tous les pays où nous militons, nous levons les drapeaux de notre féminisme de classe et révolutionnaire. Nous cherchons l’unité d’action la plus large possible des femmes et des dissidences pour mobiliser dans les rues, tout en encadrant la lutte féministe dans le combat stratégique de l’ensemble de la classe ouvrière, de la jeunesse et d’autres secteurs populaires pour vaincre le père de l’exploitation et de l’oppression : le système capitaliste et patriarcal.

Dans les jours qui restent jusqu’à le 8M, nous appelons à impulser dans tous les pays la grève générale avec mobilisation. Ila faut exiger la grève générale active à tous les confédérations et syndicats afin de massifier les manifs, inonder les rues et faire trembler le monde. Nous défendons chacun de nos droits et nous nous opposons également aux plans d’ajustement économique que le FMI, la Banque mondiale, le G20, l’Union européenne et d’autres agences impérialistes nous appliquent par le biais des différents gouvernements bourgeois.

Nous sommes anti-patriarcales parce que nous voulons mettre fin à toute inégalité de genre. Nous sommes dissidentes parce que ces identités alliés sont également discriminées et opprimées. Nous sommes anticléricales parce que nous exigeons des États laïques et nous rejetons tout fondamentalisme et toute ingérence religieuse dans la vie publique. Nous sommes anticapitalistes parce que ce système est le père de toutes les violences. Nous sommes internationalistes parce que notre lutte n’a pas de frontières et en est la même partout sur la planète. Et comme notre combat n’est pas seulement social et culturel mais aussi politique, nous nous organisons et nous construisons des partis nationaux et un courant international parce que notre objectif est la révolution et le socialisme.

Ensembles et à gauche